La formation professionnelle et technique, vecteur de l’entrepreneuriat
La promotion de l’entrepreneuriat en République Démocratique du Congo (RDC) est essentielle pour améliorer les conditions de vie. Actuellement, le chômage touche environ 70 % des jeunes, et le secteur formel reste sous-développé, n’offrant que peu d’opportunités. Le pays fait face à des défis socio-économiques majeurs, avec un taux de pauvreté de 63 % et des millions d’enfants souffrant de malnutrition aiguë. Bien que riche en ressources naturelles et humaines, l’entrepreneuriat reste sous-développé en raison de nombreux obstacles.
Photo : Connexio develop
L’accès au financement constitue l’un des plus grands pour les petites et moyennes entreprises (PME) congolaises, dont près de 80 % ne peuvent bénéficier de crédits bancaires, ainsi que le manque d’infrastructures de base, telles que les routes et l’électricité, qui augmentent les coûts de production et limitent la compétitivité des entreprises, surtout dans les zones rurales. Parallèlement, le système éducatif ne prépare pas suffisamment les jeunes aux exigences du marché. Dans ce contexte, des acteurs locaux et internationaux, mènent des initiatives pour soutenir le développement de l’entrepreneuriat à travers la formation professionnelle des jeunes. Cependant, même avec des kits de réinsertion professionnelle, la formation ne suffit pas à préparer les individus à la gestion d’un projet entrepreneurial. Si certains jeunes ont pu démarrer des activités génératrices de revenus au terme de leur formation avec les kits reçus, ces activités ne sont pas développées, ont carrément disparus ou, pour certains jeunes, n’ont même pas commencés.
Au-delà des compétences techniques
Bien qu’elle permette d’acquérir des compétences techniques, la formation professionnelleactuelle ne prépare pas à la prise de risques, à l’innovation ni à la gestion d’une entreprise. Ainsi, bien que ces formations soient nécessaires, elles ne produisent pas systématiquement des entrepreneurs, mais des employés potentiels dans un secteur formel encore trop peu développé. Il est impératif de repenser l’approche de la formation professionnelle en intégrant l’esprit d’initiative et la capacité à prendre des risques. Les Congolais, nombreux à posséder des compétences acquises dans le secteur informel ou via des formations pratiques, doivent être accompagnés pour structurer ces savoir-faire et les transformer en entreprises formelles et viables. L’objectif est de donner aux entrepreneurs les outils nécessaires pour croître, en mettant l’accent sur la gestion, la structuration et la pérennisation de leur activité. La bureaucratie, la fiscalité complexe et la perception négative de l’État comme obstacle à la formalisation doivent être également révisées pour encourager cette transformation. Repenser les approches actuelles de formation et passer du secteur informel au secteur formel sont clés pour permettre à l’entrepreneuriat de devenir un moteur de croissance et de répondre aux défis socio-économiques du pays.