Quand les savoir-faire se rencontrent
La stratégie de coopération internationale suisse se fixe notamment comme modalités de mise en œuvre «la valorisation du savoir-faire suisse» et «des actions pilotées localement». Cette double orientation invite à la réflexion.
Comment mobiliser des compétences et expériences en Suisse afin de les mettre au service de partenaires locaux, sans se substituer à eux? C’est justement une des forces de la coopération par l’échange de personnes. Le partage de savoir-faire entre professionnel·le·s est au cœur de cette forme de coopération. Nous n’entendons pas par là un transfert vertical de compétences – prétendument supérieures – de la Suisse vers d’autres pays, mais bien de faciliter la rencontre entre des expériences, des connaissances et des perspectives différentes.
Dans ce cadre, les professionnel·le-s engagé·e·s par des organisations suisses se mettent à disposition de partenaires locaux, sur la base d’une demande. Ils et elles ne viennent pas pour mettre en œuvre leurs propres projets, mais proposent un regard extérieur, ainsi que des méthodes, des outils ou des expériences complémentaires qui doivent nourrir les réflexions du partenaire. Le travail en commun, sur le terrain et dans la durée, est essentiel pour que cet échange contribue à faire émerger des solutions adaptées aux réalités locales. D’ailleurs, les échanges ne doivent pas être unidirectionnels, mais réciproques, en valorisant équitablement tous les savoir-faire impliqués.
L’apprentissage est mutuel. Celles et ceux qui s’engagent à l’étranger reviennent eux aussi transformé·e·s, enrichi·e·s de nouvelles connaissances et d’une meilleure compréhension du monde qu’ils peuvent réinvestir dans la coopération internationale ou même plus largement dans la société. La coopération par l’échange de personnes repose sur une conviction simple: les défis globaux de notre époque se relèvent mieux lorsque les efforts et les ressources sont mis en commun et que les savoir-faire circulent dans les deux sens.